Les arnaques par SMS et par téléphone ne disparaissent pas. Elles changent de costume. Le faux colis d'il y a deux ans est devenu un faux remboursement Ameli, le faux conseiller bancaire a appris à imiter le vrai numéro de votre agence. Ce qui ne change pas, c'est leur moteur : vous mettre la pression, vous faire cliquer ou parler vite, avant que vous ayez le temps de réfléchir. La bonne nouvelle, c'est qu'elles suivent presque toujours le même scénario. Une fois qu'on le connaît, on les voit venir. Voici les cinq que je croise le plus souvent chez mes clients, et les réflexes pour les désamorcer.
1. Le faux SMS de livraison de colis
Le piège. Un SMS arrive : « Votre colis n'a pas pu être livré, réglez les frais de douane (1,99 €) pour le débloquer. » Logo Chronopost, La Poste ou Mondial Relay, lien bien propre. Vous attendiez peut-être justement un colis. Vous cliquez.
Comment ça marche. La somme demandée est ridicule, presque suspecte d'être basse. C'est volontaire : on ne réfléchit pas à deux fois pour 1,99 €. Le lien mène à une fausse page de paiement qui copie le vrai site. Vous y tapez votre numéro de carte, la date, le cryptogramme. Parfois, l'escroc vous rappelle ensuite en se faisant passer pour la banque pour « valider l'opération » et récupérer le code reçu par SMS. Là, c'est votre compte qu'on vide.
Comment repérer. Les transporteurs ne réclament jamais de frais de douane par SMS avec un lien de paiement. Regardez l'adresse du lien : ce n'est presque jamais le vrai domaine (laposte.fr), mais un truc bizarre du genre laposte-colis-suivi.xyz. Et une vraie facture de douane ne tombe pas pour un colis Amazon de chez le voisin.
Que faire. Ne cliquez pas. Si vous attendez vraiment un colis, allez sur le site officiel du transporteur ou ouvrez son appli, et vérifiez le suivi avec le numéro que vous avez reçu à la commande. Le SMS frauduleux, transférez-le au 33700 (le numéro de signalement des spams SMS, gratuit) puis supprimez-le.
2. Le faux Ameli, fausse Carte Vitale, fausse mutuelle
Le piège. « Votre Carte Vitale arrive à expiration, mettez-la à jour ici. » Ou : « Vous avez un remboursement de 47,80 € en attente, confirmez vos coordonnées. » Le message imite l'Assurance Maladie ou votre mutuelle. Là encore, un lien.
Comment ça marche. La Carte Vitale n'expire pas, mais peu de gens le savent, et le mot « expiration » fait peur. La fausse page vous demande votre numéro de Sécu, votre date de naissance, votre RIB, parfois une pièce d'identité. Avec ça, l'escroc peut usurper votre identité, ouvrir des comptes, demander des crédits. Le remboursement promis, lui, n'arrive jamais.
Comment repérer. L'Assurance Maladie ne demande jamais votre numéro de carte bancaire ni votre mot de passe par SMS ou par mail. Un vrai remboursement arrive automatiquement sur le compte que la Sécu connaît déjà, sans que vous ayez à « confirmer » quoi que ce soit. Méfiez-vous de tout message qui crée de l'urgence autour de votre santé ou de votre argent.
Que faire. N'ouvrez pas le lien. Pour vérifier où en sont vos remboursements, passez par votre compte ameli (l'appli ou ameli.fr, que vous tapez vous-même dans le navigateur) ou appelez le 36 46. Signalez le message au 33700 s'il est arrivé par SMS, ou sur cybermalveillance.gouv.fr pour un mail.
3. Le faux conseiller bancaire (le coup de fil qui fait le plus de dégâts)
Le piège. Le téléphone sonne. À l'écran s'affiche le numéro de votre agence — le vrai. Une voix calme, polie : « Bonjour, je suis votre conseiller, nous avons détecté une opération frauduleuse sur votre compte, un paiement de 890 € à l'étranger. Vous l'avez fait ? » Non, bien sûr. « Pas de panique, je vais bloquer ça avec vous tout de suite. »
Comment ça marche. C'est l'arnaque qui ratisse le plus large et qui coûte le plus cher, parfois des dizaines de milliers d'euros. L'escroc connaît déjà votre nom, votre banque, parfois vos dernières opérations (rachetés sur des fuites de données). Il affiche un faux numéro grâce à une technique d'usurpation. Puis il vous demande de « valider » l'annulation : lire un code reçu par SMS, confirmer une notification dans votre appli, ou installer un logiciel. En réalité, vous validez un virement vers son compte à lui.
Comment repérer. Un vrai conseiller ne vous demandera jamais un code de sécurité, votre mot de passe, ni de valider une opération que vous n'avez pas lancée. La règle est simple : tout code que vous recevez par SMS sert à autoriser quelque chose que vous faites, jamais à annuler une fraude. Si on vous met la pression pour agir dans la minute, c'est presque toujours une arnaque. Les escrocs détestent qu'on raccroche.
Que faire. Raccrochez. Vous ne vexerez personne. Reprenez votre souffle, puis rappelez votre banque vous-même, au numéro inscrit au dos de votre carte ou sur vos relevés — surtout pas le numéro qui vient de vous appeler. Si vous avez communiqué un code ou validé quelque chose, appelez immédiatement votre banque pour faire opposition, et déposez plainte.
4. Le faux support Microsoft ou Apple
Le piège. Vous naviguez tranquillement, et d'un coup l'écran se fige : alerte rouge, alarme sonore, « Votre ordinateur est infecté, appelez ce numéro immédiatement. Ne l'éteignez pas. » Logo Microsoft ou Apple bien visible. Parfois, c'est un appel direct, avec un faux technicien à l'accent.
Comment ça marche. La fausse alerte est juste une page web piégée — votre PC va parfaitement bien. Mais si vous appelez, le « technicien » vous demande d'installer un logiciel de prise en main à distance (AnyDesk, TeamViewer, UltraViewer). À partir de là, il voit votre écran et contrôle votre souris. Il vous fait croire à un gros problème, vous fait ouvrir votre compte bancaire « pour le remboursement », et soit il se sert, soit il vous facture une « réparation » à plusieurs centaines d'euros pour rien.
Comment repérer. Microsoft et Apple n'affichent jamais de numéro de téléphone dans une alerte, et ne vous appellent jamais spontanément pour vous dire que votre PC est infecté. Un vrai message d'erreur ne hurle pas et ne vous met pas un compte à rebours. Et aucun vrai support ne vous demandera d'installer un outil de contrôle à distance suite à un appel que vous n'avez pas initié.
Que faire. Ne composez pas le numéro. Pour fermer la fausse alerte, fermez l'onglet ou faites Alt+F4, et si ça résiste, redémarrez l'ordinateur — il n'a rien. Si vous avez déjà laissé quelqu'un prendre la main, débranchez Internet, désinstallez le logiciel de contrôle à distance, changez vos mots de passe depuis un autre appareil, et faites vérifier la machine. C'est exactement le genre de nettoyage que je fais régulièrement à Limoges et à Brive.
5. Le faux CPF, Compte Formation ou France Travail
Le piège. « Vos droits CPF vont être perdus le 30 du mois, activez-les avant qu'ils expirent. » Ou un appel : « Bonjour, c'est au sujet de votre Compte Formation, vous avez un solde à utiliser. » Depuis que France Travail a remplacé Pôle Emploi, les escrocs jouent aussi sur la confusion autour des nouveaux noms.
Comment ça marche. L'argument, c'est la peur de perdre de l'argent « gratuit ». On vous demande votre numéro de Sécu et vos identifiants France Connect pour « débloquer » ou « transférer » vos droits. Avec ça, l'escroc vide votre compte formation en inscrivant des formations bidon, ou usurpe carrément votre identité.
Comment repérer. Les droits CPF n'expirent pas tant que vous travaillez, et l'État ne démarche personne par téléphone ou par SMS pour vous proposer de les « utiliser avant qu'il soit trop tard ». Le seul site officiel, c'est moncompteformation.gouv.fr, et on ne vous demande jamais vos identifiants France Connect par message. La promesse de formation gratuite et urgente, c'est le drapeau rouge.
Que faire. Ne donnez aucun identifiant. Pour gérer votre formation, tapez vous-même moncompteformation.gouv.fr dans le navigateur, jamais via un lien reçu. Signalez l'appel ou le SMS au 33700 et sur cybermalveillance.gouv.fr.
Les 5 réflexes qui vous protègent de presque tout
Inutile de connaître chaque arnaque par cœur. Ces cinq réflexes suffisent à bloquer la grande majorité :
- Ne cliquez jamais sur un lien reçu par SMS ou par mail pour vous connecter à un service important (banque, Sécu, impôts, CPF). Allez sur le site officiel en le tapant vous-même, ou via l'appli.
- Ne communiquez jamais un code, un mot de passe ou un cryptogramme à quelqu'un qui vous appelle. Un code reçu par SMS sert à valider une action que vous faites, jamais l'inverse.
- Raccrochez et rappelez le numéro officiel. Le vrai numéro de votre banque est au dos de votre carte, celui de la Sécu c'est le 36 46. Ne rappelez jamais le numéro qui vient de vous contacter.
- Signalez. Un SMS douteux : transférez-le au 33700 (gratuit). Un mail, un site, une tentative par téléphone : cybermalveillance.gouv.fr. Ça aide à faire fermer les arnaques, et c'est rapide.
- Parlez-en. Le doute n'a rien de honteux. Un coup de fil à un proche, à votre conseiller, ou à moi, avant de cliquer ou de payer, c'est souvent ce qui évite la catastrophe. Les escrocs comptent sur le fait qu'on agisse seul et dans l'urgence.
Vous accompagner, ou former vos proches, en Corrèze et Haute-Vienne
Je suis Paul, informaticien indépendant basé à Ségur-le-Château, et j'interviens un peu partout autour de Limoges, Tulle et Brive. Une bonne partie de mon travail, c'est justement d'aider les gens à reconnaître ces pièges avant de tomber dedans — et de réparer quand c'est déjà arrivé. Si votre PC a été détourné, mon service de dépannage informatique à Limoges peut tout remettre d'aplomb.
Si vous avez un doute sur un message, si vous pensez avoir cliqué là où il ne fallait pas, ou si vous voulez former un parent, un grand-parent ou les bénévoles de votre association à ces réflexes, on peut en parler. Une séance de formation numérique pour seniors suffit souvent pour rendre quelqu'un beaucoup plus tranquille face à son téléphone et à sa boîte mail. Pour une association ou une petite structure, je propose aussi un accompagnement cybersécurité pour TPE en Limousin. C'est concret, sans jargon, et adapté à chacun.
Appelez-moi, ou passez par le formulaire de contact. Mieux vaut une question de trop qu'un compte vidé.
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