Une question qui revient souvent quand un conseil municipal ou un bureau d'asso se réunit : faut-il vraiment payer pour un site, alors qu'on peut en monter un gratuitement en une après-midi ? Et cette histoire d'accessibilité, le fameux RGAA, est-ce que ça concerne une commune de 300 habitants ou seulement les grosses collectivités ? Beaucoup de secrétaires de mairie en Corrèze me posent la question, parfois après avoir reçu un courrier ou un démarchage un peu pressant. On va trier le vrai du faux, parler chiffres réels, et voir où se situe la limite entre le marché public et le simple devis.

L'accessibilité (RGAA) en 5 minutes

Le RGAA, c'est le Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité. En clair : un site doit pouvoir être utilisé par une personne malvoyante avec un lecteur d'écran, par quelqu'un qui navigue au clavier sans souris, par une personne daltonienne qui doit lire le contraste des textes. Ce sont des règles concrètes : des images avec un texte alternatif, des titres bien hiérarchisés, des contrastes suffisants, des formulaires étiquetés correctement.

Qui est concerné ? Les collectivités, oui, sans ambiguïté. Une mairie, un EPCI, un syndicat de communes, un CCAS : la loi du 11 février 2005 et le décret de 2019 imposent l'accessibilité numérique aux organismes publics. Le site doit afficher une déclaration de conformité, un schéma pluriannuel, et la mention du niveau atteint (totalement, partiellement, ou non conforme).

Pour les associations, c'est plus nuancé. Une petite asso loi 1901 sans mission de service public n'est en principe pas tenue au RGAA. Ça change si elle gère une délégation de service public, si elle dépasse certains seuils de chiffre d'affaires, ou si elle reçoit des financements publics importants. Une asso de quartier qui organise le vide-grenier : non. Une grosse structure médico-sociale subventionnée : probablement oui.

Le risque réel ? Soyons honnêtes : pour une commune rurale, le risque immédiat d'une amende lourde reste faible. La sanction théorique peut grimper jusqu'à 50 000 € par an, mais elle vise surtout les gros acteurs qui ignorent la règle pendant des années. Le vrai problème, c'est ailleurs : un administré qui ne peut pas lire un arrêté ou télécharger un formulaire d'état civil parce que le site est inutilisable, c'est un service public à deux vitesses. Et ça, ça se voit.

Option gratuite (Wix, WordPress.com, e-monsite) : pour qui, et ses limites

Les solutions gratuites existent et elles ne sont pas mauvaises en soi. Pour une asso qui veut juste une vitrine, trois pages, un calendrier des manifestations et un formulaire de contact, Wix ou e-monsite font le job en un week-end. Pas besoin de coder. C'est l'argument massue, et il est légitime.

Mais le gratuit a un prix, payé autrement.

  • La publicité. En version gratuite, votre page affiche souvent des bannières de l'éditeur. Pour une mairie, voir une pub pour un casino en ligne sous l'annonce du conseil municipal, ça fait désordre.
  • L'adresse. Vous héritez d'une URL du genre mairie-machin.wixsite.com. Pas de nom de domaine propre sans passer à l'offre payante. Et le .fr officiel, celui qui rassure, n'est pas inclus.
  • La propriété des données. Vos contenus vivent sur les serveurs de l'éditeur. Le jour où vous voulez partir, l'export est souvent partiel ou impossible. Vous êtes locataire, pas propriétaire.
  • Le SEO. Les sites gratuits sont bridés sur le référencement. Quand un habitant tape « horaires mairie » sur Google, vous voulez sortir en premier, pas en page trois.
  • L'accessibilité, justement. C'est le point qui coince pour une collectivité. Ces plateformes ne sont pas pensées RGAA. Les modèles tout faits ont des contrastes douteux, des images sans alternative, des menus qui ne passent pas au clavier. Vous pouvez bricoler, mais l'outil ne vous y aide pas.

Conclusion sur le gratuit : très bien pour une petite asso sans obligation légale. Risqué pour une mairie qui doit être accessible et qui engage son image.

Option sur-mesure : coûts et délais réalistes

Parlons argent franchement, parce que c'est là que les démarcheurs gonflent les prix. Pour une petite commune ou une asso, un site vitrine propre, accessible, avec un nom de domaine en .fr, ça se situe en gros dans ces fourchettes :

  • Site vitrine simple (5 à 8 pages, formulaire, actualités) : entre 900 et 2 500 €.
  • Site mairie avec espace documents (comptes-rendus de conseil, arrêtés, démarches en ligne) : entre 2 500 et 6 000 €.
  • Hébergement + nom de domaine + maintenance : comptez 150 à 400 € par an.

Méfiez-vous des devis à 10 000 € pour trois pages, ça arrive. Et méfiez-vous aussi du « gratuit » des grands groupes qui vous enferment ensuite dans un abonnement à 90 €/mois pendant cinq ans : faites le calcul, 90 € sur 60 mois, ça fait 5 400 €.

Les délais raisonnables : trois à six semaines pour un site vitrine une fois les contenus fournis. Le vrai goulot, ce n'est jamais le développeur, c'est la collecte des textes et des photos côté mairie. Prévoyez ce temps-là.

Ce qu'on obtient en sur-mesure : un site dont vous êtes propriétaire, hébergé où vous voulez, conforme RGAA dès le départ avec la déclaration d'accessibilité rédigée, un référencement local soigné, et quelqu'un à appeler quand un formulaire bugue la veille des élections. Si le sujet vous intéresse, j'en parle plus en détail sur ma page création de site internet en Corrèze.

Marché public ou gré à gré ?

Là, les secrétaires de mairie ont souvent une appréhension inutile. On imagine une procédure lourde dès qu'on parle d'argent public. La réalité est plus souple.

Le principe : en dessous de 40 000 € HT, une collectivité peut passer en gré à gré, sans publicité ni mise en concurrence formelle. Vous demandez un ou plusieurs devis, vous choisissez, vous commandez. C'est tout. Un site mairie à 4 000 €, on est très en dessous du seuil.

Au-dessus de 40 000 € HT, il faut une procédure adaptée (MAPA) avec publicité et mise en concurrence. Mais pour un site de petite commune, on n'y arrive quasiment jamais. Je détaille la marche à suivre côté collectivités sur ma page marchés publics & collectivités.

Quelques garde-fous de bon sens, même en gré à gré :

  • Demandez au moins deux ou trois devis pour comparer. Ça vous protège et ça rassure le contrôle de légalité.
  • Gardez une trace écrite du choix et de sa justification.
  • Vérifiez que le prestataire facture bien (numéro SIRET, devis signé). Un indépendant déclaré à Tulle ou à Brive, c'est plus simple à suivre qu'une plateforme basée à l'étranger.

Le gré à gré, ce n'est pas du favoritisme : c'est le régime normal pour les petits achats. La transparence se joue dans le fait de comparer et de documenter, pas dans la lourdeur.

La checklist avant de se lancer

Avant de signer quoi que ce soit, posez-vous ces questions :

  • Suis-je légalement tenu au RGAA ? (Mairie = oui. Asso = ça dépend, vérifiez votre situation.)
  • Le devis inclut-il la déclaration d'accessibilité et un site réellement conforme, ou juste un joli design ?
  • Qui possède le nom de domaine et l'hébergement à la fin ? (Réponse attendue : vous.)
  • Puis-je récupérer mes contenus si je change de prestataire ?
  • Le montant reste-t-il sous les 40 000 € HT ? (Quasi toujours oui pour une petite structure.)
  • Ai-je au moins deux devis pour comparer ?
  • La maintenance annuelle est-elle chiffrée clairement, sans abonnement caché ?
  • Qui met à jour le site au quotidien, et est-ce simple à faire ?
  • Les contenus (textes, photos, logo) sont-ils prêts, ou faut-il les produire d'abord ?

Si vous cochez ces cases, vous évitez les deux pièges classiques : le gratuit qui vous coince, et le sur-mesure surfacturé.

Besoin d'un coup de main en Corrèze ou Haute-Vienne ?

Je suis informaticien indépendant basé à Ségur-le-Château, et je travaille avec des particuliers, des TPE et des petites collectivités du coin. Si vous êtes une mairie ou une asso entre Limoges et Brive et que vous hésitez entre le gratuit et le sur-mesure, on peut en parler sans engagement. Je peux faire un état des lieux de l'existant, vous dire honnêtement si une solution gratuite suffit dans votre cas, ou vous chiffrer un site accessible et conforme via la page contact.

Pas de jargon, pas de devis fantaisiste : un échange clair, et vous décidez ensuite.

Un projet de site pour votre mairie ou association ?

Voir création de site internet →

← Tous les conseils Pollux

RDV